Par Ircom
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Marie-Colombe et quatre autres étudiants sont partis étudier en Afrique du Sud durant un semestre, découvrez son témoignage…

En juillet dernier, nous fûmes cinq à partir plus de 5 mois étudier en Afrique du Sud, à Grahamstown, petite ville universitaire du sud du pays. L’Afrique du Sud, outre l’avantage linguistique, promettait la découverte d’un « plus loin » à 12 000 kilomètres, d’une histoire et des cultures.  

De prime abord, le modèle occidental s’est plutôt bien intégré, et il n’est pas trop difficile pour de petits français comme nous de trouver quelques repères. Certes, l’on a vu des photos de l’apartheid, et on sait par bribes d’informations que le pays est pauvre, corrompu même, et que quelque part ça ne va pas trop. Mais bon, nos manuels de géographie sont formels, l’Afrique du Sud appartient aux BRICS, ces grands pays en développement. Alors, elle devrait s’en sortir.

Et puis, quand on y vit, on se rend compte au fur et à mesure que ce n’est pas vraiment ça. Les Sud-Africains sont extrêmement accueillants, souriants et aidants ! Mais plus on progresse dans les relations, plus on se rend compte qu’il y en avec qui on aura du mal, beaucoup de mal à passer la barrière d’une relation d’entraide cordiale. Et qu’ils sont noirs. Ils ont été élevés par une famille qui a subi l’apartheid, et qui s’est battu contre. Et quoi que tu en penses, si tu es blanc dans ce pays, tu es privilégié, et donc tu es l’oppresseur. Là-bas, plus on peut paraître oppressé, mieux c’est, pare que l’on peut revendiquer. Les autres n’ont rien à dire, ils ne connaissent pas la souffrance. Et toi, en face, blanc, européen, t’es un peu pommé. C’est vrai que mince, on ne nous a pas tout dit ! L’apartheid, c’est quelque chose de très dur, et ils en ont souffert. Quand on se trouve d’un coup projeté dans un pays où cette page de l’histoire est un filigrane permanent, on ne peut s’empêcher de souffrir avec eux, et d’admirer ce peuple noir, ce peuple de lions, qui a livré une bataille aussi forte, aussi grande et aussi violente que la terre à laquelle ils appartiennent. C’est comme ça que l’Afrique du Sud s’est inscrite en moi.  

On est peut-être blancs, mais les Sud-Africains blancs aussi ont cette rage de sauver leur pays, et plus que les noirs, de remettre l’économie à flot, d’offrir enfin au peuple noir l’Afrique du Sud en diamant, prendre pour eux la revanche du Big Hole. 

Mais enfin, blanc ou pas, la terre, aride, sauvage, aussi forte et fière que les filles qu’elle porte, nous a avec elles accueillis – et entre l’absurde recherche d’un portable perdu dans une dune de sable, et une course-poursuite avec des manchots, l’Afrique du Sud s’est ouverte à nous.

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