Par Ircom
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Grégoire Deren est en troisième année de Double Licence Humanités et Science Politique au sein de l’Ircom. Il est parti étudier en Afrique du Sud. Découvrez ce pays au travers de son témoignage.

« L’Afrique du Sud c’est plus qu’une ligne sur un CV, c’est un chapitre de ma vie. »

L’on nous demande souvent de raconter « vite fait » notre expérience à l’autre bout du monde. Mais comment résumer une expérience aussi intense en quelques mots seulement ? C’est, à proprement parler, une chose impossible. Et pourtant, je vais ici tenter de vous esquisser le tableau que nous offre chaque jour cette nation arc-en-ciel.

L’Afrique du Sud c’est avant tout une histoire.

Hollandaise, britannique puis indépendante, cette terre regorge de souvenirs, de mémoires et de légendes. A la lecture de l’Histoire de l’Afrique du Sud (Bernard Lugan) ou d’Un arc-en-ciel dans la nuit (Dominique Lapierre), nous nous sommes imprégnés de l’histoire de cette nation. Lorsque vous avez commencé la lecture de ce texte, vous avez probablement tout de suite eu à l’esprit l’image de Nelson Mandela, d’aucuns le voyant peut-être soulever avec François Pienaar le trophée remporté par les Boks en 1995. « Madiba » est en effet présent partout (nom de rues, de salles, citations…) et considéré comme une icône nationale, lui qui a participé à l’abolition de l’apartheid en 1991. Mais malheureusement, beaucoup de plaies ne se sont pas refermées ; la paix est à reconstruire chaque jour, pour que le racisme ne bascule pas vers le bord opposé.

L’Afrique du Sud c’est aussi une culture, ou plutôt une infinité.

Avec onze langues officielles, il est parfois difficile de ne pas perdre son latin. L’anglais bien sûr, mais également l’Afrikaans, l’isiXhosa ou encore le Zulu sont autant d’idiomes parlés par les citoyens de la deuxième puissance africaine. Et les neuf ethnies qui peuplent le pays illuminent ce dernier d’une pluralité de traditions : les habits colorés sont légions, les spécialités culinaires se comptent par centaines, et il est rare de ne pas entendre un sud-africain se définir comme membre de telle ou telle culture. Nous apprenons à découvrir ce pays avant tout grâce à ceux qui le peuplent. Et comme l’écrivait Saint-Exupéry, « si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser tu m’enrichis. » Pourtant la fracture entre Blancs et Noirs reste considérable : plus de la moitié de la population noire vit encore dans les townships et le pays est l’un des plus inégalitaires au monde.

L’Afrique du Sud c’est également une terre majestueuse.

Néanmoins, les méandres de son histoire sont inscrits dans des paysages somptueux. Pléthore de panoramas nous subjuguent continuellement : entre les Océans Indien et Atlantique, nous avons traversé des déserts, parcouru des vallées, escaladé des montagnes. La faune n’a rien à envier à la flore : les « Big Five » (lion, hippopotame, éléphant, léopard et buffle) cohabitent avec le springbok, le koudou, la girafe, la baleine, le perroquet, l’impala et l’autruche. C’est un véritable jardin d’Eden qui se dévoile sous nos yeux, et nous ne nous lassons pas de contempler les merveilles qui se présentent à nous ; sous la voûte étoilée du sud ou quand le soleil inscrit dans l’horizon ses derniers rayons, il fait alors bon se dire que nous sommes ici un peu chez nous désormais…

Grégoire Derens, Double Licence Humanités et Science politique

L’Afrique du Sud c’est en tout cas le « chez-nous » de ces quelques mois.

Car bien qu’il fût difficile de quitter la France et nos camarades de promotion, nous avons pris nos marques rapidement, accueillis chaleureusement par les étudiants et le personnel de l’université. Les 8 000 étudiants de Rhodes University (Grahamstown) vivent majoritairement sur le campus, au sein de résidences pleines de vie. Cela permet de rencontrer rapidement d’autres personnes, alors que les cours en amphithéâtre ne sont pas toujours propices pour entrer en relation. Au programme, sciences politiques et relations internationales, philosophie, psychologie, littérature anglaise ou encore histoire. Les possibilités d’engagement sont multiples : par exemple, s’investir dans les townships avec les sœurs de l’Assomption est une de nos échéances hebdomadaires, au même titre que la boxe, le karaoké ou nos retrouvailles dominicales avec ce triptyque désormais intangible que sont la messe, le restaurant et la prière en groupe. C’est un pays immense, les villes sont denses, les campagnes dans le silence, et tout avance ; et que fait un albertiste au milieu de ce vaste pays ? Il s’élance, et il pense.

L’Afrique du Sud c’est finalement une aventure à oser, un pari à faire.

Car après deux ans vécus à l’Institut, l’albertiste regarde aussi bien le passé que l’avenir ; il repasse sans cesse ces moments vécus à Angers en promotion, tout en imaginant de quoi sera fait demain ; il puise dans ses racines et déploie ses ailes. Mais il n’oublie jamais de vivre l’instant présent, d’apprécier la chaleur de chaque rencontre et la beauté de tout paysage. Il se lève chaque matin avec l’envie de découvrir ce pays et ses richesses, cette terre et ses promesses. Enfin, l’albertiste sait pourquoi il est là : il a certes choisi de vivre une aventure et de découvrir l’Afrique du Sud, mais il a surtout fait le pari de se connaître lui-même. Il file droit, convaincu que c’est sa jeunesse qui s’est éprise de ce séjour, mais que c’est sa maturité qui lui permet de le vivre intensément. Mais parfois il s’arrête, et son esprit aussi. Il se demande à nouveau comment raconter « vite fait » ce qu’il vit ici. Soudain, il se souvient de ces mots de Charles Péguy, nom de sa promotion : « il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

Grégoire Derens, Double Licence Humanité et Science politique

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