Par Ircom
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Nicolas Jeanneau, étudiant en deuxième année de licence à l’Institut Albert le Grand, a fait son stage en communication à Disneyland Paris. Il nous raconte…

« Mais si Papa, il te reste des sous et on peut encore faire les boutiques ! » Impatient, le petit garçon qui attend pour embarquer dans les wagons de Rock’n Roller Coaster est en pleines négociations avec son père. Eux qui sortent à peine d’un spectacle donné en l’honneur de la saga Star Wars sont encore imprégnés de la magie qui habite ces lieux. Comme tant d’autres, ils sont venus vivre une journée inoubliable pour accomplir leur rêve, sous les étoiles qui veillent sur le parc Disneyland en cette soirée de février. Séduits par l’univers de Mickey et de ses amis, ils sont ainsi 14 millions à franchir chaque année les portes de Disneyland Paris.

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Gérée par Euro Disney S.C.A et composée de deux parcs à thème (Disneyland et Walt Disney Studios), de sept hôtels, d’un golf et de nombreux autres aménagements, cette version française des parcs Disney est aujourd’hui devenue la première destination touristique européenne. Une prouesse, surtout lorsqu’on se rappelle que le site, ouvert le 12 avril 1992 dans une effervescence générale, fêtera cette année son 25e anniversaire… Si sa renommée n’est donc plus à faire, elle reste cependant bien entretenue par ses services de communication. Ceux-ci appartiennent aux nombreuses équipes qui peuplent les coulisses de Disneyland Paris et qui, à l’ombre des rideaux, permettent au parc de maintenir ses portes ouvertes 365 jours par an, Noël et 14 juillet compris.

L’espace d’un mois, j’ai eu l’opportunité de rejoindre l’équipe de communication institutionnelle, aussi appelée Corporate communication. À distinguer du marketing qui vend directement ce que propose et produit une entreprise, la communication institutionnelle est chargée de fournir des informations liées à la structure même de cette entreprise. Autrement dit, la division marketing affiche ce qu’une entreprise fait, tandis que la communication institutionnelle parle de ce qu’elle est. « Premier employeur mono-site de France avec 15 000 salariés », « 80% du management issu de la promotion interne », sont ainsi des informations que l’on retrouvera sur le site internet de la communication institutionnelle de Disneyland Paris. Évidemment, ce que l’entreprise décide de mettre en avant sert les intérêts de sa réputation. La communication est donc la lanterne tendue par l’entreprise afin de guider le public vers ce qu’elle veut porter à son attention, tout en l’éloignant de ce qu’elle préfère laisser dans l’ombre…

Si la propagande répand volontairement des informations erronées en vue de tromper pour convaincre plus facilement, la communication respecte au contraire une éthique qui rejette le mensonge et repose sur un habile jeu de dits et de  non-dits. Responsables de l’image de Disneyland Paris, les chargés de communication sont le lien officiel entre la structure interne de l’entreprise et les médias qui souhaitent la questionner. À ce titre, ils sont sans cesse en contact avec la presse écrite, les sociétés de production travaillant pour les chaînes de télévisions, ou encore les réseaux sociaux.

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Les autorisations de tournage et de diffusion, le choix des nouvelles présentées sur les sites internet de Disneyland Paris constituent entre autres la chasse gardée avec laquelle ils bâtissent la façade externe de cette destination ultra médiatisée. Leur travail requière une gestion minutieuse des informations qui sont livrées à l’extérieur, car ils doivent sans cesse veiller à ce qu’elles révèlent les forces de l’entreprise plutôt que ses faiblesses. L’accent sera par exemple porté sur la dynamique et le développement économique qu’apporte Disneyland Paris à sa région, plutôt que sur son désastreux bilan financier.

Les déclinaisons sont multiples, et c’est pour l’une d’entre elles que j’ai travaillé un mois durant.

À l’approche de son 25e anniversaire prévu pour le 12 avril 2017, la destination entend bien marquer les esprits une fois de plus par des célébrations exceptionnelles. Pour assurer une diffusion optimale à ces nouveaux événements, les équipes de communication intéressent le plus possible les médias par des événements presse et gèrent les demandes de ceux qui se montrent curieux. Parmi les thèmes récurrents qui semblent fasciner les journalistes et leurs lecteurs émerge souvent celui des activités qui animent les coulisses de Disneyland Paris. Qui fait fonctionner cette immense machine à rêves, et comment ? Voilà une des questions que l’équipe de communication institutionnelle me demanda d’illustrer. Sise dans l’envers du décor, cette mission me réserva de nombreuses surprises.

Les coulisses de Disneyland Paris fonctionnent comme une véritable ville dans la ville, appelée Castmemberland et peuplée de 15 000 Cast Members (« membres de la troupe » du spectacle), les salariés de l’entreprise. Le territoire du premier employeur mono-site de France est même équipé de son propre réseau de bus qui parcourent les rues longeant les dizaines de bâtiments de maintenance, les entrepôts ou encore la station d’épuration interne. Avec 500 métiers différents, 100 nationalités et 20 langues parlées, ce gigantesque complexe recèle d’employés aux parcours atypiques, certains comptant près de trente ans d’ancienneté. Il me fallait donc dénicher ces profils intéressants pour en rédiger des portraits destinés à être présenté aux médias demandeurs d’interviews. Ces biographies succinctes devaient cerner les points susceptibles de combler les attentes des médias, tout en respectant les exigences définies par la politique de communication de Disneyland Paris.

disneyland-1788217_960_720Un travail de discernement et une prise de recul sur les propos des employés s’imposait donc pour accomplir une synthèse vraiment percutante en quelques lignes. Le défi consistait aussi à relever de façon pertinente et attrayante ce que chaque Cast Member avait d’unique dans son parcours, pour informer de façon préalable les médias et mieux préparer sa rencontre avec eux. Ces rédactions minutieuses étaient indissociables d’un travail sur les photographies placées en illustrations. Après la prise des photos, je devais m’assurer qu’elles étaient bien conformes aux critères que l’entreprise impose pour la protection de son image de marque.

Tel un journaliste intérieur, cette recherche m’a plongé dans la découverte de nombreuses carrières et métiers variés. Qu’ils soient Peintre en Lettres, Assistant Manager attraction, Chargé de projets événements spéciaux ou encore Senior Manager Recherche et Développement culinaire, les Cast Members de Disneyland Paris ne laissent jamais le temps de s’ennuyer à qui veut bien les écouter d’une oreille attentive. D’autant plus que ce large éventail de professions était l’occasion idéale de voyager d’un bout à l’autre du site, parcs et coulisses compris.

Entre les ateliers de confection des costumes, les laboratoires culinaires des restaurants Disney et la suite présidentielle du Disneyland Hotel qui contient encore la signature de Michael Jackson, Disneyland Paris se révèle comme un lieu dans lequel l’imagination se perd et où les rêves les plus fous peuvent devenir réalité. Étourdissante au premier abord, cette véritable ruche humaine se laisse en fait facilement apprivoiser. Les équipements mis à disposition des employés pour optimiser leurs déplacements sont très performants. Plus largement, l’entreprise propose une base de données extrêmement fournie, accessible depuis le net et alimentée par les équipes de communication interne. Un nouvel arrivant peut ainsi trouver ses marques rapidement et comprendre la structure de Disneyland Paris. Ajoutez-y les valeurs et la culture d’entreprise propres à Disney, qui insistent sur la cohésion d’ensemble et l’harmonie entre bien-être personnel et vie professionnelle, et l’adaptation s’accomplit sans grande difficulté. Les journées se déroulent dans une bonne ambiance de travail, et les relations entre Cast Members, facilitées par de fréquents événements et des sollicitations répétées, se soudent naturellement au fil du temps.3620464296_7f6ea2f97d_z

À l’issue de ce stage très instructif, je dois avouer que le monde de la communication, qui pour moi rimait surtout avec propagande, me semble désormais plus abordable. Le rôle des communicants ne consiste pas à mentir, mais à valoriser l’entreprise en permettant au public de connaître les initiatives et les projets dont elle reste fière. Certes, il restera toujours une part d’ombres et de non-dits, mais peut-on vraiment reprocher à une entreprise de vouloir présenter ses forces plutôt que ses faiblesses, attitude que chacun de nous adopte naturellement en tant qu’individu ? Cela ne signifie évidemment pas que toute exigence morale et honnêteté intellectuelle doivent être évacuées, mais, à moins de véritables débordements de nature scandaleuse, l’usage de la communication est légitime car aujourd’hui indispensable pour la survie et le développement d’une entreprise. Une bonne gestion de la communication permet ainsi aux projets prometteurs d’émerger puis d’être réalisés en touchant un public toujours plus large.

D’autre part, j’ai eu l’occasion de découvrir les conditions de travail d’une grand groupe. Au sein de l’équipe de communication institutionnelle, j’ai appris à adapter les recherches préalables d’un projet aux exigences strictes de sa réalisation finale. La tenue impérative des échéances fut également une occasion de développer l’efficacité de mes efforts. Les aléas de l’actualité poussèrent mes capacités d’adaptation à des horaires qui se voulaient parfois flexibles ou étendus.

En effet, dans le grand navire de la communication, on ne sait jamais quand peut surgir la tempête médiatique, et lorsqu’elle frappe, l’équipage au complet doit alors se montrer prêt à lutter contre le naufrage en veillant jour et nuit sur le pont jusqu’à l’apaisement de la situation.

Grâce à cette expérience passionnante, l’horizon qui se dessine pour l’avenir de ma vie professionnelle apparaît plus clair. Je n’exclue pas le secteur de la communication de mes perspectives, même si d’autres domaines et métiers attisent encore ma curiosité. Ce stage de deuxième année est une chance précieuse, et j’encourage les étudiants qui nous suivront à s’y investir pleinement pour qu’ils en gardent le souvenir d’une ouverture unique.

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